Poker fermé

Le poker fermé est la formule classique pour les soirées privées de poker, il se joue en général de trois à huit joueurs.

Pour ne pas entraîner de distorsions trop importantes sur les probabilités de mains fortes, et conserver des parties suffisamment animées, le nombre de cartes utilisées varie normalement suivant le nombre de joueurs : à 32 cartes pour quatre joueurs, et 40 pour cinq, on augmentera le talon de quatre cartes par joueur, jusqu’à un jeu complet de 52 cartes pour huit joueurs.

Cependant ces chiffres ne sont qu’indicatifs, et ils peuvent être ajustés, l’essentiel étant qu’il y ait suffisamment de cartes pour tous et pas trop de cartes non plus si il y a peu de joueurs.

Au départ, les places des joueurs sont tirées au hasard.

Le tapis d’un joueur s’alimente par caves, le système de caves permettant d’équilibrer les chances entre les joueurs plus riches et plus pauvres :

* La cave est la valeur exprimée en jetons (typiquement 100 à 200) qu’un joueur peut approvisionner initialement, ou réapprovisionner entre deux distributions. La valeur d’une cave est identique pour tous les joueurs.

* Le tapis est le total des jetons qu’un joueur a devant lui et peut miser. Un joueur peut initialement mettre une cave sur le tapis, ou plus si les joueurs en sont d’accord.

En cours de partie, un joueur ne peut jouer qu’avec son tapis (et il est interdit d’emprunter à ses adversaires). Si le montant de celui-ci est insuffisant, il peut rajouter une cave, mais uniquement entre les coups.

Dans le système de « cave libre », la contrainte est plus faible : le nombre de cave d’un réapprovisionnement n’est pas limité, un joueur peut se recaver autant qu’il le veut. Il est possible de supprimer toute contrainte sur la cave, les joueurs étant alors directement limités par leur fortune personnelle.

Le donneur peut être permanent et ne pas prendre part à la partie, ou être l’un des joueurs.

Si le donneur est un joueur, chacun tire une carte avant le début de la partie. Celui qui tire la carte la plus haute distribue le premier ; les autres joueurs distribueront ensuite tour à tour.

Au poker fermé, les cartes ne sont mélangées qu’au début de la partie, ou quand un jeu neuf a été mis en service. Le jeu n’est ensuite jamais rebattu, pour lui permettre de se « faire », mais est uniquement coupé.

En revanche, dans les variantes de casino ou de tournoi, où les « coups » sont plus indépendants, les cartes sont mélangées entre chaque coup.

Il existe deux grandes variantes du poker fermé, la partie « au pot » ou « au blind ». Dans les deux cas, tout ou partie des joueurs doit mettre une mise forcée sur le tapis, indépendamment de son jeu : c’est l’enjeu initial de la partie.

Dans la partie au pot, la plus fréquente, chaque joueur met au pot une mise fixée à l’avance, identique pour tous. Ce montant, fixé en début de partie, est typiquement de un à trois jetons.

Dans la partie au blind (de l’anglais blind, à l’aveugle, mais ce mot se prononce comme dans « blindage »), le pot est entièrement constitué par le premier joueur à gauche du donneur : la mise du blindeur est à la fois le pot initial, et une ouverture (il n’y a donc pas de « parole » dans les parties au blind). Le blindeur parlera en dernier lors des deux tours de cartes.

L’avantage de celui qui parle en dernier est qu’il a la meilleure vision du jeu. Il peut relancer toutes les mises de ses adversaires, et sait qui a ouvert ou non. Si tout le monde passe avant lui, la convention est généralement de jouer le pot, avec comme mise minimale le montant du blind.

Les parties au blind admettent parfois la possibilité du surblind : Le joueur suivant le blindeur, au lieu d’ouvrir, double le blind initial sans regarder ses cartes et rachète ainsi le privilège de parler en dernier. De même que le blind est une ouverture à l’aveugle, le surblind est une relance à l’aveugle, qui donne au surblindeur le privilège du blindeur (détenir à la fois l’ouverture et la capacité de relance). De même, certaines variantes conventionnelles admettent la possibilité pour chaque joueur de doubler le blind de son adversaire de droite (overblind, suroverblind, …), toujours sans regarder le jeu.

Dans certaines conventions pour les parties au pot, le premier joueur après le donneur peut acheter le pot : il double son montant avant de regarder ses cartes, et achète de même le privilège de parler en dernier dans deux des enchères du coup.

Il est fréquent, dans les parties privées de poker fermé, d’alterner périodiquement quelques tours de « blind » dans les parties au « pot », ou inversement, de manière à rompre la monotonie des donnes par un tour plus récréatif. Déroulement d’un « coup » de poker fermé

Le donneur distribue les cartes une par une, en principe dans le sens des aiguilles d’une montre. Il commence par son voisin de gauche, et se sert en dernier. Quand chaque joueur a reçu cinq cartes, tous peuvent les ramasser et en prendre connaissance. Commencent alors les enchères.

Déroulement d’un tour d’enchères

Le principe des enchères est simple : Pour rester dans le coup, tous les joueurs doivent avoir misé au total la même valeur d’enchère (sauf cas du « tapis », discuté plus loin), mais chacun peut relancer sur les enchères de ses adversaires. Les enchères sont achevées dès que tout le monde a misé la même enchère (personne n’a relancé), ou que tous sauf un se sont couchés.

Chaque joueur doit tenir le compte de ce qu’il a déjà misé, et de ce qu’il lui reste à miser pour atteindre le niveau de l’enchère courante, en fonction de l’historique des enchères. Ces comptes doivent être soigneusement surveillés, notamment lors des sur-enchères, le montant des sommes à ajouter par chaque joueur pour « suivre » peuvent résulter d’un historique très complexe.

Dans les parties au pot, les enchères sont ouvertes par le premier joueur à gauche du donneur. Lors d’un tour d’enchères, dans les parties au pot, chaque joueur encore en jeu peut, à son tour, choisir comme option avant l’ouverture :

* Parole (check) : dans le cas où aucune enchère n’a encore été faite dans le tour, le joueur peut rester en jeu en donnant la parole au joueur suivant, sans rien miser. NB : avant l’ouverture, le « passe » n’existe pas ; un joueur qui « passe » (par abus de langage) indique en fait qu’il joue « parole ». * Ouvrir, s’il est le premier à faire une mise. Il annonce sa mise en disant « j’ouvre de tant », et place la mise au centre du tapis. Cette mise est appelée l’ouverture.

Dans les variantes de salle, lorsque le dernier joueur du tour annonce « parole », on dit qu’il obtient une carte gratuite, puisque la prochaine carte distribuée ne lui coûte aucune enchère.

Ces enchères n’existent pas dans les parties au blind, puisque dans ce cas, le blindeur (tout en conservant le privilège de parler ou relancer en dernier) est considéré comme l’ouvreur, l’ouverture étant le montant du blind.

Une fois qu’un joueur a ouvert, les options sont :

* Se coucher ou passer (en anglais, fold) : le joueur laisse ses cartes au milieu de la table (non visible) et ne joue plus jusqu’à la donne suivante. NB : il n’est possible de se coucher qu’après l’ouverture. Après l’ouverture, un joueur ne peut que miser à hauteur de l’enchère, ou se coucher ; un joueur qui dit parole (par abus de langage) indique en fait qu’il se couche.

* Suivre ou voir (call ou see) : le joueur complète sa mise avec ses jetons, de manière à mettre dans le pot (au total) une somme égale à la dernière enchère. Le joueur dira plutôt « suivre » au premier tour d’enchères, et « pour voir » au second. NB : Si son tapis est inférieur à la somme nécessaire pour atteindre la dernière enchère, il peut rester en jeu à condition de miser la totalité des jetons qui lui restent : on dit alors qu’il fait tapis (voir plus loin).

* Relancer (raise) : le joueur en position de « suivre » peut augmenter les enchères, et miser dans le pot (au total de ce qu’il mise) une somme supérieure à la dernière enchère. Une relance après une première relance est une sur-relance. Il n’est pas possible de relancer sur le montant de sa propre enchère : si tous les joueurs dans le coup ont suivi, le tour d’enchère est fini.

* Tapis (All-in) : le joueur qui n’a plus assez de jetons pour suivre mise la totalité de ce qui lui reste. Cela lui permet de participer à l’enchère en cours sans avoir à miser plus loin, quelles que soient les relances, comme s’il décidait de « suivre » à chaque fois. S’il perd, il est éliminé et perd son tapis. S’il gagne, il ne remporte les mises des autres joueurs qu’à hauteur de son tapis, le reste des enchères étant remporté par le joueur ayant la deuxième meilleure main (et ainsi de suite, en cas de « tapis » multiples). Un joueur peut également faire tapis lors d’une relance ou une sur-relance.

Le tour d’enchère est terminé lorsque tous les joueurs ont soit misé la même somme, soit se sont retirés du coup.

Note : en principe, on ne joue qu’avec ce qui se trouve sur la table. Il n’est pas possible d’acheter des jetons supplémentaires au cours d’une enchère.

Le donneur demande à chaque joueur encore dans le coup (en commençant sur sa gauche) le nombre de cartes qu’il désire échanger. Chaque joueur annonce à tour de rôle le nombre de cartes qu’il écarte, en les rejetant (face sur la table), avant d’en recevoir autant de nouvelles. Le donneur rassemble toutes les cartes écartées.

Un joueur qui n’échange aucune carte annonce « servi », sinon « une carte », ou « deux cartes », parfois « trois cartes ».

Il est possible d’échanger quatre cartes, mais une seule personne par tour a le droit de le faire : si un joueur a demandé quatre cartes, il n’est plus possible de le faire. Dans ce cas, le donneur donne trois cartes, et ne donnera la quatrième qu’après que tout le monde ait été servi (si le demandeur de quatre cartes est le dernier à être servi, le donneur lui donne trois cartes, « flambe » la suivante en la mettant sous le paquet, et distribue la dernière)[3]. Au poker fermé, l’échange de plus de trois cartes n’a de sens que pour les parties au « blind », quand un joueur a misé sans avoir regardé son jeu et découvre une main totalement vide. Dans certaines variantes de poker en salle, il peut être autorisé de changer toute la main.

Le deuxième tour se déroule suivant les mêmes règles que le premier, seuls pouvant enchérir les joueurs qui sont restés dans le coup au premier tour.

La partie se termine lorsque : * il ne reste plus qu’un joueur en jeu. Il remporte alors le pot sans même avoir à montrer son jeu ; * il n’y a plus de tour de mise. On passe alors à l’abattage (showdown), phase où les mains des joueurs encore en lice sont comparées pour déterminer le détenteur de la meilleure. En cas d’égalité, le pot est partagé équitablement entre les gagnants.

S’il y a abattage de jeu, tous les joueurs encore en compétition montrent l’intégralité de leur jeu à tous les joueurs de la table.

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